Noir & Blanc VS Couleur : Pourquoi une vraie photo monochrome se pense dès la prise de vue

 

Noir & Blanc VS Couleur : Arrête d’appuyer sur le bouton « Sauvetage » (Et pense ton monochrome au déclenchement !)

Avoue, on l’a tous fait au moins une fois.

Tu tries tes photos de la veille, tu tombes sur un cliché un peu naze : la lumière est plate, la balance des blancs tire sur un jaune pisseux non identifié, ou ton sujet a une mine de déterré. Et là, l’éclair de génie. Un petit clic magique sur Lightroom ou sur ton smartphone pour passer le tout en Noir & Blanc. Tu te redresses sur ta chaise, le regard fier : « Ah, tout de suite, ça fait une œuvre d’art. Ça fait très "cinéma d’auteur". »

Allez, viens là, on va se parler franchement entre passionnés : c’est de la triche, et souvent… ça se voit ! 😉

Le noir et blanc, ce n'est pas la roue de secours des photos foirées. Une vraie belle image monochrome, ce n'est pas juste une photo couleur à qui on a coupé les vivres. C'est une photo qui a été pensée, voulue et capturée en noir et blanc dès le départ. Pourquoi ? Parce que la couleur et le monochrome racontent deux histoires totalement différentes.

Mets tes lunettes de soleil, on va apprendre à entraîner tes yeux à voir la vie en nuances de gris avant même que ton index ne bouge.




1. La couleur, cette grosse bavarde (qui gâche parfois la fête)

La couleur, c'est génial, mais c'est une sacrée pipelette. Elle adore attirer l'attention. Tu veux prendre un joli portrait de rue super intimiste, mais il y a un gros panneau publicitaire vert fluo ou une poubelle plastique bleu pétant en arrière-plan ? Boum. Ton œil ne voit plus que ça.

Quand tu décides de shooter en noir et blanc dès le départ, tu coupes le sifflet à ces distractions. Tu vires le superflu et tu forces le cerveau de celui qui regarde à se concentrer sur la vraie moelle épinière de ton image :

  • Les formes et la géométrie : Les lignes de fuite sur la route, les courbes d'un réservoir de bécane, les perspectives d'une rue… Tout devient soudainement ultra graphique.

  • Les textures : Le grain de la peau, la rugosité des vieilles pierres d’une brasserie, le relief du bitume. En monochrome, tout prend du relief, on a presque l'impression de pouvoir toucher l'image.

  • Le jeu d'ombres et de lumières : C'est le contraste pur, le combat éternel entre le blanc éclatant et le noir bien dense.

💡 Le petit tips entre nous : Si tu bosses en numérique (hybride ou reflex), bascule le profil d’image de ton boîtier en Monochrome. Si tu shootes en RAW, pas de panique : ton fichier va garder toutes les couleurs bien au chaud dans la machine pour plus tard. Par contre, ton viseur ou ton écran, eux, vont t'afficher la scène en noir et blanc en temps réel. C'est magique et c'est la meilleure école pour éduquer ton regard sur le terrain !

2. Apprends à capter les "Valeurs" (Et oublie le rouge et le vert !)

Pour réussir ton coup à la prise de vue, il faut faire un petit reset de ton cerveau. Arrête de regarder si une couleur est "jolie" et commence à regarder son intensité lumineuse (ce qu'on appelle les valeurs de gris).

C’est le piège classique : tu vois un mec avec un magnifique t-shirt rouge pétant devant un feuillage vert bien dense. En couleur, le contraste est dingue, ça claque ! Tu déclenches. Tu passes en noir et blanc à la maison… et là, c’est le drame. Le rouge et le vert ont exactement la même intensité lumineuse. Résultat ? Ton sujet se fond complètement dans le décor en un gros aplat gris tout plat et tout triste.

Qu'est-ce qu'on cherche alors sur le terrain ?

  • Des lumières qui ont du caractère : Un soleil rasant du matin ou de fin de journée, ou même un soleil de plomb à midi qui crée des ombres hyper tranchées et ultra graphiques.

  • Du bon gros contre-jour : Rien de tel pour découper une silhouette bien noire sur un fond super lumineux. Effet garanti.

  • Des dégradés subtils : Une lumière douce qui entre par une fenêtre et qui meurt doucement sur un visage. La couleur n'arrivera jamais à sublimer cette poésie avec autant de force que le noir et blanc.

3. Le post-traitement : On sculpte, on ne réinvente pas la roue !

Si tu as bien fait tes devoirs sur le terrain et que ta photo a été pensée en amont, l'étape de développement sur ton ordi ou ton téléphone ne sera plus une séance de réanimation d'urgence. Ça va devenir un vrai moment de plaisir où tu vas sculpter la lumière.

Au lieu de bêtement glisser le curseur de saturation à zéro, tu vas utiliser le mélangeur de couches. C'est le bouton magique qui te permet de dire : "Tiens, je veux que le bleu du ciel devienne un gris super sombre et dramatique" ou "Je veux éclaircir le canal rouge pour donner une peau toute douce à mon modèle".

Les anciens de l'argentique faisaient déjà ça directement au moment de visser un filtre coloré (jaune, orange ou rouge) devant leur objectif pour modifier le comportement de leur pellicule. En numérique, on a la chance de pouvoir le faire au chaud derrière son écran, mais l'intention reste exactement la même !

En bref : Pose-toi la question magique

La prochaine fois que tu as le boîtier (ou le smartphone) en main, prends une demi-seconde avant d'appuyer. Regarde ta scène et demande-toi :

« Qu'est-ce qui fait vibrer ce plan ? C’est le mariage des couleurs, ou c’est la force de la lumière, de la matière et des ombres ? »

Si c'est la deuxième option, cherche pas plus loin : coupe la couleur et fonce, tu as une pure photo en noir et blanc qui t'attend.

Et toi alors, t'es plutôt du genre à décider sur le terrain avec le viseur en mode vintage, ou tu fais partie de la team "on verra bien au développement" ? Balance tes habitudes dans les commentaires, on en discute !



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